6 avril 2024

Actualités

CSA Académique : graves irrégularités sur le mouvement Intra et Choc des savoirs

Le vendredi 5 avril, le CSA académique s’est tenu, entre autres, autour des sujets essentiels tels que l’application du "choc des savoirs" à la rentrée prochaine dans nos établissements ainsi que des opérations de mutations intra des personnels.

Cette instance de « dialogue social » a pourtant été négligée par la rectrice, qui a préféré les caméras aux côtés de la ministre de l’Enseignement Supérieur en visite à Rouen, plutôt que de siéger avec les représentantes des personnels de l’Académie qu’elle régit.


Sur le choc des savoirs :

Bien que nous ayons alerté l’administration sur l’évidente corrélation entre origine sociale et difficultés scolaires, celle-ci n’a pas avancé le moindre argument contre la logique de tri social que le choc des savoirs met pourtant en place et que nous n’avons de cesse de dénoncer. Leur silence à propos de cette logique de tri qui s’opérera contre l’inclusion des élèves en situation de handicap ou à besoins particuliers a lui aussi été éloquent. À l’instar de la ministre, le rectorat a renvoyé la responsabilité aux chefs d’établissement... Comme si les injonctions n’étaient pas de leur fait ! Ils n’ont pas su non plus répondre à nos inquiétudes sur le regroupement prévisible de tous les élèves en situation de handicap dans le même groupe, rompant définitivement avec le principe même de l’école inclusive et d’un projet de société où chacune trouve sa place. Au contraire, c’est bien une école de l’exclusion qui risque de se mettre en place.

Sur le mouvement Intra-académique :

Là aussi, nous avions déjà alerté sur l’opacité du mouvement qui se met peu à peu en place. Le CSA académique a révélé au grand jour que le mouvement en cours était déjà entaché d’irrégularités, avant même les résultats du mois de juin :

  • l’administration propose un traitement différencié (et donc inéquitable) à des collègues en mesure de carte scolaire (mais pas à tous !), pour lesquels des postes sont d’ores et déjà réservés, avant même le mouvement, et alors qu’ils sont affichés vacants sur SIAM et que cela lésera, à coup sûr, d’autres collègues en mesure de carte scolaire - qui ne bénéficient pas de la même « attention particulière ».
  • Certains postes spécifiques sont également réservés à des collègues repérés en amont du mouvement : preuve en est la fiche de poste rédigée avec le nom du collègue pressenti pour l’obtenir...! D’autres candidats qui ont contacté l’établissement se sont entendus répondre que le poste était déjà presque pourvu - alors même que ce poste apparaît vacant sur SIAM. Et le rectorat a évidemment refusé de revenir sur ce traitement de faveur.
  • certains collègues ont été empêchés de saisir leurs vœux, soit par des problèmes de codification ou de paramétrage, soit en raison d’un déficit d’informations, soit en raison d’informations erronées sur SIAM.
  • Les 1500 TZR sont, pour beaucoup encore aujourd’hui, à quelques heures de la fermeture du serveur, dans l’attente d’informations sur leur situation à la rentrée suite à la redéfinition des zones de remplacement. Cela influe évidemment sur leur participation au mouvement et rend, par conséquent, leur saisie des vœux très compliquée et opaque. Certains risquent même de découvrir, après la fermeture du serveur, qu’il aurait fallu participer au mouvement !!!

Au contraire, le SNES-FSU réclame le retour au respect des règles transparentes et équitables du mouvement. Les élues de la FSU ont alerté solennellement le rectorat sur les risques qu’il courait de voir le mouvement annulé par recours juridique au vu des irrégularités déjà constatées. Cela placerait tous les demandeurs de mutations dans une difficulté extrême dont le rectorat, sourd à nos demandes, porterait l’entière responsabilité. Face à une situation d’une telle gravité, nous alertons également le ministère sur les entorses aux règles du mouvement normand.


En conclusion, les réponses, parfois inexistantes, trop souvent lacunaires, inadaptées ou fallacieuses, lors de ce CSA académique n’ont fait que révéler un mépris sans cesse plus assumé de l’administration face aux interrogations que nous avons pourtant portées au nom de la profession.

Vous pouvez néanmoins compter sur l’engagement et la détermination des élues du SNES-FSU à vous défendre et à défendre le Service public d’Éducation.