13 mars 2026

Votre situation

Le conseiller technique santé mentale (76), l’IEN-IO et les Inspecteurs Généraux.

En février le conseiller technique santé mentale, l’ IEN-IO sont venus échanger au CIO du Havre juste avant que quelques PsyEN du CIO du Havre et leur DCIO ne soient reçus par les Inspecteurs Généraux chargés d’une énième mission concernant nos services. Ces IG ont également rencontré quelques PsyEN du CIO de Rouen sud et leur DCIO, puis plus tard les DCIO de Seine-Maritime, la chaîne hiérarchique.

Pas sûr que cette nouvelle mission des IG soit annonciatrice de bonnes nouvelles au printemps.

Echanges en février avec le conseiller technique santé mentale, notre IEN-IO au CIO du Havre. Quelques PsyEN du CIO du Havre et leur DCIO seront reçus par les Inspecteurs Généraux chargés d’une énième mission concernant nos services. Les IG rencontreront ensuite quelques PsyEN du CIO de Rouen sud et leur DCIO, puis plus tard les DCIO de Seine-Maritime, la chaîne hiérarchique.

L’IEN-IO évoque « l’école de la bienveillance », l’importance des « compétences à s’orienter tout au long de la vie », le PPO, objectif former 100% des PP, axé sur la pédagogie de l’orientation. Dans notre académie, les IEN-IO + DCIO (+ qq PsyEN volontaires) assurent les formations auprès des professeurs principaux. L’IEN-IO se veut rassurante quant à l’avenir, les CIO sont toujours là malgré les menaces !

SNES-FSU : Dans le lien, l’analyse faite en 2023 par les PsyEN EDO / DCIO du SNES-FSU concernant les compétences à s’orienter est toujours d’actualité ! https://www.snes.edu/article/competences-a-sorienter-preferer-le-probable-au-possible/

Si les CIO sont toujours là, leur nombre a été réduit, une centaine de fermetures de CIO sont à compter au niveau national depuis 10 ans. Les ancien.n.es CO-Psy de l’académie de Rouen se souviennent des mobilisations pour empêcher certaines fermetures de CIO, les alliances avec les élu.e.s locaux. L’inquiétude des collègues est légitime car les fermetures / fusions de CIO se poursuivent dans certaines académies, les CIO sont donc toujours bien dans la ligne de mire !
https://www.snes.edu/article/le-reseau-des-cio-toujours-dans-la-ligne-de-mire/

Le CT santé mentale à la DSDEN 76 est un PsyEN EDA. Ce n’est pas toujours un PsyEN dans d’autres académies. Pour information, l’appellation CT PsyEN santé mentale avait été initialement envisagée par le MEN, mais elle a été retoquée au profit de l’appellation CT santé mentale, faisant disparaître PsyEN, ce qui permet à d’autres personnels de l’Education nationale ou hors Education nationale de postuler sur cette fonction. Cela en dit long sur la place que le Ministère accorde aux PsyEN sur ce sujet…

Le CT reconnaît que ses missions sont encore assez floues, ce que la FSU avait pu constater en prenant connaissance des fiches de poste qui peuvent varier d’une académie à l’autre et même d’un département à l’autre ! Il sera mobilisé sur la formation des personnels de direction, pour toute question en rapport avec la santé et le développement des enfants, adolescents, la formation / cellules de crise. Il peut être interpellé sur les situations les plus complexes pour lesquelles on n’aurait pas trouvé de solution en interne des EPLE. Il pourra également s’occuper de la formation des PsyEN pour les cellules d’urgence.

Actuellement 2 CT santé mentale ont été recrutés dans les départements du 76 et du 14. Les candidat.e.s ne se bousculent pas au portillon ! 1 candidature d’1 DCIO a été rejetée. L’objectif au national est de recruter 100 CT santé mentale, 1 par département. Il faudra s’assurer que les postes laissés vacants par les CT sont ensuite bien pourvus.

La position du SNES-FSU concernant la création de la fonction du CT santé mentale : https://www.snes.edu/article/psychologue-ct-en-sante-mentale-chronique-de-derives-annoncees/

La FSU s’est opposée à la création du CT santé mentale suite aux assises de la santé scolaire car cette initiative ne répond pas au manque de PsyEN EDO / EDA sur le terrain. Le Ministère met en avant un problème de gouvernance pour éviter de parler des moyens, arguant que cette fonction rendra notre métier plus attractif !

Nous y voyons le risque d’instaurer à terme une double hiérarchie. Les missions du CT vont mordre le trait sur certaines missions des DCIO, IEN-IO, le cadrage national faisant défaut, ce sont des missions à géométrie variable selon les DASEN. Si le CT nous interpelle sur certaines situations d’élèves, passons toujours par la voie hiérarchique, DCIO, IEN-IO pour ne pas qu’il y ait de confusion. Le CT 76 nous a rappellé qu’il n’était pas notre supérieur hiérarchique, dont acte.

Avec la création de la fonction CT santé mentale, il y a aussi le danger d’une scission, le Ministère fait comme s’il y avait d’un côté la santé mentale et de l’autre côté l’orientation, alors que l’orientation participe de la bonne santé mentale des élèves grâce à l’approche globale des PsyEN, c’est un tout.
Hypothèse : Si l’on pousse la logique du MEN, du côté de la santé mentale, les PsyEN seraient attendus sur le versant du dépistage précoce, avec du testing à tout va pour des diagnostics, le travail de prévention n’intéresse pas le Ministère / De l’autre côté l’orientation serait complètement prise en charge par les enseignants et création de guichets uniques régionaux.

Quelle est la plus-value du CT santé mentale ?

  • • Concernant la prise en charge des situations complexes, elles sont déjà repérées et prises en charge dans le cadre des réunions de suivi avec l’équipe pluriprofessionnelle au sein des établissements. Comment le CT pourra-t’il mieux prendre en charge ces situations en n’étant pas sur le terrain ?
  • • A la question du coupe-fil préconisé lors des assises de la santé scolaire, est-ce que le CT pourrait intervenir auprès des structures MDA, CMPP pour accélérer une prise en charge considérée comme prioritaire ? Le CT reconnaît qu’il s’agit d’une mesure illusoire faute de moyens, ce que la Maison des adolescents confirme, des jeunes dont la situation devrait être traitée en urgence sont déjà en attente.
  • • Le CT souhaite engager une réflexion autour du travail partenarial, mais on n’a pas attendu la création de la fonction du CT pour travailler avec les partenaires…

Quid de la mise en place des protocoles santé mentale en collège, en lycée ?

L’année dernière les protocoles de santé mentale devaient être mis en place dans tous les collèges nous a rappelé notre IEN-IO. C’est toute la différence entre les injonctions descendantes du Ministère faites dans l’urgence pour des effets d’affichage suite aux assises de la santé scolaire, et la réalité du terrain ! Priorité à la mise place des protocoles santé mentale au lycée en 2026. Il n’y a pas encore beaucoup de personnels repères formés donc cela va prendre du temps. Objectif : 2 personnels repères dans chaque établissement, dont 1 CPE, formation sur 2 jours, ce qui correspond à 64 personnels repères pour le 76.
C’est sûr, cela coûte moins cher que de recruter des PsyEN à Bac + 6 !

CT

Concernant le signalement, n’importe quel adulte de l’EPLE peut faire un signalement, y compris le cuisinier, les dames de services etc… Ensuite, cela doit remonter aux personnels ressources PsyEN, AS, infirmière.

Il reconnaît qu’il y a une forte pression sur les enseignants à force de craindre de passer à côté, et ce d’autant plus que les familles n’hésitent plus à convoquer la justice quand il se produit un drame, un suicide.
Le protocole santé mentale va modifier notre emploi du temps de PsyEN nous dit le CT. Comment ? Il faudrait créer une communication autour de ce protocole…

En principe, pour la mise en place du protocole santé mentale, la.le PsyEN doit être sollicité.e par le.la chef.fe d’établissement avec les membres de l’équipe pluriprofessionnel en amont afin de réfléchir à l’adaptation dudit protocole dont on peut trouver une mouture nationale. Cela ne semble pas toujours être le cas, certains chefs d’établissement y travaillent seuls dans leur bureau, ou consultent la.le PsyEN pour un avis en bout de course. Merci d’avance pour vos retours si vous voyez des choses qui vous interpellent sur la mise en place du protocole santé mentale (bertauf@normandie.snes.edu)
FSU : Concernant la santé mentale, le Ministère considère que ce sont les infirmier.e.s et les médecins de l’EN qui ont un rôle clé à jouer. La FSU doit batailler pour faire reconnaitre le rôle des psychologues de l’éducation nationale qui peuvent avec les autres personnels de l’équipe ressource apporter un éclairage sur la situation.

Réflexions des PsyEN du CIO du Havre lors de l’échange avec notre IEN-IO

Concernant les situations complexes, on continuera de traiter comme d’habitude en interne avec les équipes pluri-pro, le GPDS.
Au-delà du discours institutionnel de l’école de la bienveillance, le système est en bout de course...Pas de questionnement sur les causes, les déterminismes sociaux.

  • • Quid du problème de l’affectation avec les places qui se réduisent dans l’enseignement public, beaucoup d’élèves sur le carreau post 3e,
  • • Quid du niveau post bac avec la diminution des places dans les universités publiques du fait de la réduction de leur budget, donc toujours plus de sélection dans Parcoursup. L’université de Rouen va de ce fait supprimer 700 places en 1re année à la rentrée 2026 ! Ces choix de budgets sont des choix politiques qui participent in fine à la dégradation de la santé mentale des lycéen.n.e.s et des étudiant.e.s. Le privé s’en frotte les mains !
  • • Quid des effets des réformes sur la santé mentale des élèves, avec la destructuration du groupe classe au lycée, les groupes de niveau au collège ?
  • • Quid de l’inclusion à marche forcée sans moyens supplémentaires ?
  • • La réflexion en amont et après est quasi inexistante, quel suivi peut-on proposer aux élèves quand à la MDA, dans les CMPP, il manque des psychologues dans toutes les structures publiques, on bascule sur une liste d’attente.
  • • Le coupe-fil est illusoire quand il faut prioriser des urgences parmi d’autres urgences.
  • • Quid de l’intervention IEN-IO, CT auprès de la MDPH / injonctions de bilans WISC V quelle que soit la problématique ?

Réunions des IG avec quelques PsyEN EDO au Havre, à Rouen sud

Le rapport ne porterait pas sur les missions mais sur les services ! Les IG ont rencontré les DCIO et la chaine hiérarchique début en mars. Le maître mot des échanges semble être la rationalisation et les DCIO ont eu l’impression qu’ils ne savaient pas quoi faire de nous, mais qu’ils cherchaient à faire évoluer les choses…
Pourquoi le MEN commande-t’il un nouveau rapport aux IG quand le dernier rapport de l’IGESR date d’avril 2024 : https://www.snes.edu/article/rapport-igesr-sur-les-psyen-edo/ .

Ci-dessous une synthèse des échanges au Havre et à Rouen.

Même si le travail en CIO a été abordé et développé, les collègues n’ont pas senti qu’il était valorisé. Le questionnement des IG a été très ciblé sur le rôle des PsyEN EDO en établissement.

Florilège des échanges PsyEN, DCIO, IG :

  • - Quelle est la quotité de temps en CIO en EPLE ? 25/75
  • - Quid des relations avec le chef d’établissement, le programme d’activité est-il fait en concertation, présenté ? Sur quoi êtes-vous le plus sollicités, quelles sont vos priorités en EPLE ? La place du PsyEN dans les équipes / profs et chefs d’établisst. PsyEN CT du chef d’établisst.
  • - IG pas intéressés par le travail en équipe pluri-professionnelle.
  • - Thématique autour du PPO, de la place des PsyEN dans les EPLE. Où en est-on du PPO, êtes-vous sollicités, y-a t’il des fiches actions ? On aurait dû être en avance car l’académie de Normandie est une académie pilote avec celle de Lille. Rectrice très volontaire. Visiblement ça ne prend pas…Les échanges ont beaucoup tourné autour de l’orientation. Les collègues ont eu l’impression que le lien entre l’orientation et la psychologie n’était pas remis en question. A Rouen : Est-il utile d’avoir une formation commune sur la pédagogie pour développer les compétences à s’orienter ? Que pense-t’on du système actuel ? PPO : Pression / place de l’ONISEP / Région / guichet unique. Lecornu est pour la décentralisation. Comment défendre les collègues de l’ONISEP ? La survie de l’ONISEP passe par la plateforme.
     Quid de nos relations avec la région ? On devrait être complémentaire avec la région et échanger davantage. Est-ce que la région nous sollicite pour l’élaboration des documents, vérification ? Rouen : La clé d’entrée de l’échange a été que la région et nous, n’avions pas la même définition du mot « orientation ». Questionné sur nos relations avec la région. Sommes-nous déjà allés à l’AROM ? Ce que l’on en pensait ? Si on produisait des documents, si on les partageait ? Abordé le fait que les docts de la région ne sont pas adaptés.

• Quid d’un rapprochement avec la Mission Locale ? (questionnement abordé avec les DCIO)

• L’affectation en lycée pro, les familles des métiers,
• Des questions sur le décrochage.
• Des questions autour des cellules de crise ? De notre formation aux cellules de crise. Sujet déjà abordé avec l’IEN-IO la veille, chacun.e a-t’il été formé aux cellules de crise ?
• Sujet de la santé mentale peu abordé. Lorsque les collègues ont pointé le fait que l’on était plus sollicité pour faire des bilans psychologiques, les IG ont demandé les chiffres à la DCIO et ont fait une division par la totalité du nombre de PsyEN, pour relativiser.
• +1H avec chaque DCIO : les chiffres de l’activité du CIO, nombre de postes au secrétariat, quelles sont leurs missions. Les décrocheurs, quel pourcentage de décrocheurs les PsyEN rencontrent, l’activité précise des DCIO.

Ces échanges nous font craindre le retour des préconisations du rapport Charvet-Lunier de 2019 : un CIO par département, regrouper quelques PsyEN dans des lycées « têtes de réseaux » sous l’autorité fonctionnelle des proviseurs. Dans l’académie de Rouen à l’époque, l’ancien CSAIO avait tenté d’expérimenter de regrouper les CO-Psy dans des lycées présentant son plan sur une carte aux DCIO au Rectorat de Rouen ! La forte mobilisation des collègues et une médiation nationale avaient permis de stopper ce funeste projet.

Hypothèse : Les IG imaginent-ils à nouveau que regrouper les PsyEN en EPLE serait un moindre mal ? Et les régions pourraient en profiter pour déployer leurs « Maisons de l’orientation » ou guichets uniques réalisant ainsi l’OPA sur l’orientation scolaire.

Après 2 tentatives de décentralisation en 2003 et en 2013 qui ont été repoussées grâce à la mobilisation, les régions sont revenues à la charge lors des assises de l’orientation et font un fort lobbying pour obtenir la maîtrise de toute la chaîne de l’orientation et avoir la responsabilité de l’orientation des scolaires. Nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle tentative de décentralisation.

Revendication de la FSU

Le SNES-FSU et la FSU-SNUipp demande la mise en place d’un service public de psychologie de l’Education nationale de la maternelle à l’enseignement supérieur, distinct des professions médicosociales. Ce service de psychologie regroupant PsyEN EDO et EDA ne coûterait rien puisqu’il pourrait prendre appui sur le réseau des CIO, il faudrait rebaptiser les CIO !

Vigilance donc, en fonction des préconisations de ce nouveau rapport des IG attendu au printemps, les PsyEN, DCIO devront peut-être à nouveau se mobiliser pour se faire entendre.