Lundi 17 mars, la FSU était conviée à un groupe de travail au rectorat, pour discuter de l’implantation des 5 postes de CPE et 25 postes AED attribués à notre académie dans le cadre du plan « tranquillité scolaire 2025 ».
Relevons que ces créations de postes se font un an pile-poil après la suppression de 3 postes. C’est donc que ces suppressions ou créations ne sont pas liées aux réels besoins du terrain (combien de collègues ont une charge de travail démesurée ?) mais bien à l’affichage politique que tel ou tel ministre désire montrer.
Or l’affichage politique du moment, c’est de lutter contre la violence. On envoie donc la cavalerie, avec force CPE et AED (respectivement 5 et 25 ETP). Cet imaginaire du CPE-surgé, prêt à juguler l’insécurité, nous parait à mille lieues de la réalité de notre travail. Le rectorat nous a répondu par la voix de son secrétaire général, que nous n’y étions pas, qu’il s’agissait de mieux suivre les élèves, de faire de la prévention. Mais alors, pourquoi ne pas avoir répondu à nos alertes, quand nous disions que les collègues étaient sous l’eau face à la gestion de plus de 600 élèves par tête, ou devant l’immense travail occasionné par Phare, ou bien encore les questions de santé mentale des élèves ? Pourquoi également, n’offre-t-on pas une réponse en termes de postes supplémentaires aux collègues qui souffrent d’épuisement professionnel en raison de la surcharge de travail ?
Nous avons demandé quel avait été le mode de décision pour les 5 postes proposés. Cela a été fait en fonction des retours de l’application « faits établissements », avec un regard sur la nature des faits renseignés, leur intensité. Sur cette première liste, les DASEN ont été consultés.
Il nous parait que cette méthode, qui a ses avantages, comporte également des inconvénients : quid des établissements qui renseignent peu sur l’appli « faits établissement », et communiqueraient moins leurs problématiques de discipline avec les DASEN ? La politique de gestion par des objectifs statistiques prouve ici ses limites.
Nous avons renouvelé nos alertes sur le remplacement des AED : il nous a été répondu qu’en dessous de 5ETP en collège et 8 en lycée, le remplacement était complet, et qu’au-delà, il s’élevait à 80% de la quotité, moins les jours de carence. A part la promesse que chaque situation méritait une étude individualisée, pas de meilleur en vue !
Vous trouverez ci-dessous notre déclaration à l’ouverture du GT.
Nous nous retrouvons aujourd’hui pour discuter de l’implantation des postes de CPE et AED, liés au plan tranquillité scolaire 2025. Notons que ce plan prévoyait l’implantation de ces moyens en janvier 2025 et qu’ils seront finalement implantés en septembre.
Nous déplorons la philosophie qui préside à cette attribution de postes : l’année dernière, vous avez supprimé trois postes, en dépit de nos alertes. Aujourd’hui, on crée cinq postes, parce que la ministre avait décidé de parler de la violence et de l’autorité.
Quelle méconnaissance de la réalité du métier que nous exerçons. Nous voyons bien l’imaginaire véhiculé par ces annonces : les Surveillants Généraux CPE, fouets à la main, prêts à combattre l’insécurité, à fouiller les sacs des élèves, sauveront l’école de la jeunesse sauvageonne.
La réalité est toute autre : les CPE font le suivi des élèves, mènent des entretiens avec eux, avec leur famille, font le lien avec les autres personnels. Mener les élèves sur le chemin de l’émancipation et de l’autonomie, c’est notre ambition, et la raison d’être des Conseiller principaux d’éducation. Mais c’est une tâche difficile quand on a en charge autant d’élèves par CPE.
Notre profession fait, en effet, face à une explosion de sa charge de travail pour de multiples raisons : la lutte contre le harcèlement, les problématiques psychologiques des adolescents, l’absentéisme parfois stratégique des élèves pour éviter le contrôle continu en lycée, ou bien les missions particulières déléguées par les chefs d’établissement, qu’elles soient ou non rémunérées.
Nous vous rappelons que dans l’académie, dix établissements n’ont aucun CPE, que soixante-trois collèges ont plus de 500 élèves et un seul poste de CPE, dont douze à plus de 600 élèves et même trois à plus de 700.
Les collègues nous alertent sur leur situation, dont certains dans les RSST. Ce mal-être de CPE qui se désespèrent de ne pouvoir remplir leurs missions dans de bonnes conditions interrogent sur la responsabilité des autorités ministérielles et rectorales dans l’épuisement professionnel que vont subir certains collègues.
Par ailleurs, nous accueillons positivement l’étude des implantations d’AED. La FSU demande depuis de nombreuses années des GT sur les dotations AED. Mais il nous manque tout de même l’essentiel : un document où sont indiquées les dotations de tous les établissements ! Nous vous le demandons donc officiellement.