À sa demande, le SNES-FSU Normandie a été reçu début avril en audience auprès du rectorat au sujet des modalités d’organisation de la session 2026 du baccalauréat.
Introduction
Le SNES-FSU a pointé les nombreuses difficultés qui demeurent du fait du calendrier national contraint :
- Le calendrier du bac 2026 prévoit un enchaînement des épreuves et des corrections dans des délais serrés, même si l’on observe un léger desserrement pour cette session : les épreuves anticipées de français et de mathématiques, philosophie, de spécialités et le Grand oral s’enchaîneront en quelques jours.
Les examinateurs vont donc de nouveau devoir mener de front la correction d’épreuves écrites tout en assurant les interrogations orales, auxquelles s’ajoutera leur participation aux réunions d’entente et d’harmonisation.
Depuis plusieurs années, le SNES-FSU alerte notamment sur les conditions de correction en philosophie et en français où les examinateurs enchaînent, voire cumulent les convocations à un rythme effréné.
- Lors des sessions antérieures, le SNES-FSU a reçu de nombreux témoignages de collègues en souffrance, voire d’épuisement professionnel pendant cette période, du fait de leur charge de travail. Durant la période fin mai - jusqu’aux congés d’été, les enseignants cumulent en plus de leur activité d’enseignement, le remplissage des bulletins, les conseils de classe, les conseils aux élèves sur leur orientation ou prises de décisions liées aux résultats de Parcoursup, les nombreuses convocations (épreuves orales de langues, DNL, ECE, …).
Le SNES-FSU revendique un desserrement plus net du calendrier du bac sur le mois de juin, particulièrement avec des épreuves d’EAF et de philosophie positionnées un peu plus tôt compte tenu des viviers trop limités de correcteurs pour ces deux épreuves.
- Le calendrier 2026 du bac maintient des jours de passation d’épreuves différents pour un même enseignement de spécialité, donc des sujets différents. Lors des sessions précédentes, cela a entraîné des disparités entre les candidats qui ont subi l’épreuve le jour 1 et ceux qui l’ont passée le jour 2.
Le SNES-FSU revendique une épreuve unique par enseignement de spécialité sur un jour donné.
- Les programmes n’ont pas été allégés et restent trop importants au regard des horaires d’enseignement, ce qui ne laisse pas de temps pour préparer les élèves à l’épreuve de Grand oral puisqu’il n’y a pas d’horaire dédié.
Le SNES-FSU réclame un allègement ou un aménagement des programmes d’examen pour chaque épreuve de spécialité.
Enseignements de spécialité
Date des épreuves écrites : 16 et 17 juin (18 juin pour les spécialités à faible effectif).
Le Rectorat indique une mise à disposition des copies après les réunions d’entente nationales et académiques prévues les 18 et 19 juin, à l’exception de quelques disciplines où le nombre d’épreuves différentes est important (Physique Chimie, ...) pour lesquelles les commissions d’entente nationales se dérouleront jusqu’au lundi 22 juin.
Les barèmes de correction seront élaborés par les inspections générales au cours de ces réunions d’entente nationales.
Afin de limiter le nombre de copies par correcteur et de mieux répartir la charge de travail , le SNES-FSU a demandé que tous les correcteurs mobilisables soient convoqués et en priorité ceux qui ont enseigné la spécialité au cours de l’année scolaire. Le rectorat a précisé que le vivier de correcteurs serait composé des professeurs enseignant la spécialité en première ou en terminale.
Correction des copies et réunions d’entente et d’harmonisation
- Nombre de copies par correcteur : préconisation nationale de 35 copies. de l’ordre de 35 copies, possiblement davantage pour certaines spécialités dans lesquelles le nombre de correcteurs est plus restreint par rapport au nombre de candidats. La spécialité Arts plastiques sera corrigée sur site sans dématérialisation des copies. Retour des copies le mercredi soir du 1er juillet.
- Sont prévues des réunions d’entente nationales avec élaboration des barèmes par l’IG, des réunions d’harmonisation le jeudi 2 juillet au matin, et des réunions d’harmonisation nationales l’après-midi.
EAF, Philo, Grand oral : tension sur les corrections !
Philosophie
Nombre moyen pour tronc commun 130 copies par correcteur.
À la demande de l’association des professeurs de philosophie (l’APPEP), les lots seront différenciés entre la voie technologique et la voie générale, avec davantage de copies pour les correcteurs de la voie technologique et un peu moins pour ceux de la voie générale.
- Épreuve le lundi 15 juin
- Réunion d’entente le mardi 16 juin
- Remise des copies le mardi 16 juin en fin de journée.
- Verrouillage des lots le mercredi 1er juillet au soir
Ainsi, chaque correctrice ou correcteur devra traiter en moyenne 13 copies par jour ouvré. Cette charge de travail demeure trop importante pour le SNES-FSU, c’est pourquoi il a redemandé que l’ensemble des enseignants de Philosophie soit convoqué pour mieux répartir la charge de travail et rappelé sa revendication d’un maximum de 10 à 12 copies par jour ouvré en décomptant les journées consacrées aux jurys et réunions, ainsi que les week-ends.
Le rectorat a prévu d’abaisser le nombre de copies de Philosophie pour les correctrices et correcteurs qui devront en plus assurer la correction des copies de spécialité HLP.
Afin que les correctrices et correcteurs de l’épreuve de philosophie ne soient pas convoqués pour le Grand Oral, le rectorat envisage de créer un vivier d’examinateurs cumulant la correction des copies de HLP et le Grand Oral.
Les examinateurs de philosophie ne seront pas convoqués en tant que candide pour le Grand Oral.
EAF
La mission type des examinateurs sera composée d’un écrit et d’un oral.
Ainsi les enseignant.e.s convoqué.e.s pour la correction des écrits de BTS ne devraient en plus être convoqué.e.s que pour les oraux de l’EAF
L’oral de l’EAF :
Le rectorat prévoit que chaque examinatrice ou examinateur ait 12 candidats par jour (exceptionnellement 13) à interroger.
Le SNES-FSU a rappelé sa revendication de limiter à 11 le nombre de candidats à interroger par jour, sachant que la répétition des journées d’interrogation cumulée aux temps de trajet entraînent une fatigue importante.
Le rectorat prévoit également un vivier d’examinatrices et d’examinateurs suppléants constitués de professeurs volontaires exerçant en collège, qui ne seront pas mobilisés par le DNB et dispensés de cours.
Les PAP seront notifiés sur les convocations avec la possibilité pour chaque examinatrice et examinateur de prendre contact avec le chef de centre pour s’assurer d’une répartition de ces PAP sur différentes journées d’interrogation. Les chefs de centre ont été alertés sur cette nécessaire gestion.
Le SNES-FSU a demandé la mise en place de loge dans tous les centres d’examen afin que les examinatrices et examinateurs n’aient pas à surveiller le candidat suivant pendant leur interrogation orale. Le rectorat a répondu qu’il s’agissait d’une préconisation (donc non obligatoire) qui relève de la compétence de chaque chef de centre.
Les récapitulatifs de textes seront remis aux examinatrices et examinateurs le 9 juin.
Lors de la session 2025, le SNES-FSU est intervenu à de nombreuses reprises auprès du rectorat suite à la convocation d’un nombre important d’examinatrices et d’examinateurs dans des centres d’examen situés à des distances déraisonnables par rapport à leur domicile. Le rectorat justifie ces distances par la défection de certain.e.s enseignant.e.s convoqué.e.s, ce qui l’a obligé à augmenter les distances parcourues pour d’autres.
Pour la session 2026, le rectorat a indiqué qu’il a prévu de convoquer les examinatrices et les examinateurs dans un rayon de 50 km autour de leur domicile.
L’écrit de l’EAF :
Date de l’épreuve : jeudi 11 juin
Nombre de copies par correcteur : 60 copies en moyenne.
Grand Oral
Les convocations seront établies à partir de la résidence personnelle, dans un rayon de base de 50 km, puis par cercles concentriques de 25 km supplémentaires, avec un maximum de 110 km (notamment en cas d’ajustements de dernière minute).
Dans certaines disciplines où le nombre d’examinatrices et d’examinateurs mobilisables est plus important, le rectorat a prévu de mettre en place un vivier d’interrogateurs pour le Grand Oral et un vivier de correcteurs pour les épreuves écrites.
Le rectorat a précisé que les examinatrices et examinateurs convoqué.e.s simultanément pour le Grand Oral et la correction d’épreuves écrites auront un nombre de copies à corriger plus restreint.
Le SNES-FSU a demandé que la répartition de la charge d’interrogation se fasse sur un plus grand nombre d’examinateurs et que les examinateurs « candides » soient des examinateurs non convoqués par ailleurs, cette demande a été prise en compte par le rectorat a priori.
ÉPREUVE ANTICIPÉE DE MATHÉMATIQUES
Date de l’épreuve : vendredi 12 juin
Les professeurs ayant enseigné la spécialité mathématiques étant affectés à la correction des épreuves de spécialité ou convoqués pour le Grand Oral en tant que « spécialistes », le vivier de correcteurs de l’EAM sera constitué de professeurs n’ayant enseigné que dans le tronc commun et d’enseignants en service partagé en collège.
Nombre de copies par correcteur : 91 copies en moyenne (70 copies pour les correcteurs en service partagé en collège)
Verrouillage des lots : mercredi 1er juillet
Le SNES-FSU a demandé que les correcteurs exerçant en collège soient déchargés de cours pendant la durée des corrections. Le rectorat a répondu qu’aucun cadrage en ce sens n’était prévu tant nationalement qu’académiquement.
Le SNES-FSU alerte dès à présent sur le risque de surcharge importante de travail pour des collègues de collèges qui partageraient leur service avec peu d’heures effectuées en lycée et qui devraient continuer à assurer leurs heures de cours majoritaires en collège.
Il incitera les collègues sur lesquels reposeraient une surcharge de travail importante à saisir les conséquences de celle-ci dans le registre santé sécurité au travail.
Remarques annexes
- Convocations envoyées dans la semaine du 18 au 22 mai, ensemble des missions sur même convocation.
- La correction des copies étant une mission prioritaire, les correcteurs seront exemptés de surveillance d’épreuves dès réception de leur lot de copie.
- Les fonctionnaires stagiaires sont potentiellement convocables mais ne constitue pas un vivier privilégié. Le SNES-FSU défend l’idée que les stagiaires devraient être dispensés purement et simplement de missions de correction.
- Les examinateurs à temps partiels qui se verraient attribués une ou plusieurs missions dont la durée dépasserait leur quotité de travail peuvent se manifester auprès de la DEC en utilisant la voie hiérarchique (sous couvert de leur chef d’établissement).
- Les enseignant.e.s, qui du fait de leur état de santé, souhaitent demander un aménagement de leurs missions (par exemple, limitation du temps de route) doivent effectuer leur demande par la voie hiérarchique. La DEC demandera un avis à la médecine de prévention du rectorat (les personnels concernés peuvent en amont, sous pli confidentiel, transmettre à la médecine de prévention un certificat médical).
- En cas de convocation impliquant une distance importante, les examinateurs peuvent faire une demande préalable de prise en charge d’une ou plusieurs nuitées auprès de la DEC par courriel (forfait de 80 € par nuit justifiée par une facture). Il est important d’avoir l’accord de la DEC avant de réserver.
- En cas de constat de copies mal scannées, faire un retour au plus vite à la DEC pour rectification
- Ouverture des sujets anticipée possible pour les candidats bénéficiant d’un tiers-temps : c’est une recommandation nationale et donc cette possibilité est donnée aux centres d’examens à condition que les candidats ne puissent pas sortir avant deux heures.
- Commissions d’harmonisation des notes de contrôle continu du baccalauréat : Chaque commission (constituée de 2 IPR et de 5 enseignants) compare les notes obtenues par chaque établissement aux moyennes des années antérieures et à la moyenne académique. En cas d’écart important, toutes les notes pour une discipline donnée dans un établissement peuvent être modifiées (ajout ou retrait de 2 points maximum). Au cours de la session 2025, moins de 1 % des notes de contrôle continu ont été modifiées.
- Gestion des suspicions de fraude au cours des corrections : établir un PV de suspicion de fraude à transmettre aux coordinateurs et IPR. Le dossier sera pré-instruit par la DEC, puis éventuellement transmis à la commission de discipline avec mise en attente des résultats pour le candidat. Lors de la session 2025, une quarantaine de dossiers ont été transmis à la commission de discipline sur une centaine de signalements effectués (toutes épreuves confondues).
Comme chaque année, le SNES-FSU Normandie sera mobilisé pendant toute la durée des examens pour accompagner les collègues qui rencontreraient des difficultés (charge de travail pléthorique, convocation à des distances déraisonnables, …). Ne pas hésiter à nous informer de tout problème à normandie@snes.edu
