La Normandie, comme tout l’Hexagone, traverse en ce moment une canicule qui fait subir à toutes et tous des chaleurs extrêmes. Dans les établissements scolaires, les élèves et les personnels sont ainsi mis à rude épreuve depuis presque une semaine déjà. Les prétendus aménagements ou mesures annoncés se résument sur le terrain à des bouts de ficelle quand ils existent : là, on bricole des rideaux avec des couvertures de survie, ici, on achète quelques ventilateurs en urgence au magasin du coin, mais partout, la température augmente un peu plus chaque jour et les atteintes sur la santé commencent à se faire sentir.
Malgré des fermetures l’après-midi dans plusieurs collèges, les cours ont été globalement maintenus et le registre Santé Sécurité au Travail témoigne des conditions intenables dans lesquelles on fait travailler les personnels de l’éducation et sont accueillis les élèves. Plus de 1000 fiches ont été saisies depuis lundi : presque toutes pointent des températures supérieures à 30°, des salles étouffantes, l’absence de zones plus fraîches… Des centaines font état de maux de tête, de nausées, de malaises.
La maltraitance institutionnelle, déjà dénoncée dans notre académie, ne connait pas de répit en période de canicule. Le bon sens voudrait que les personnels soient renvoyés chez eux là où les élèves sont libérés. Mais notamment les AED et les AESH, personnels les plus précaires de l’Éducation Nationale, sont par endroits sommés de faire des photocopies ou de patienter à ne rien faire pour « faire leurs heures ». Leurs missions pourtant essentielles doivent être respectées et les mesures de bon sens prônées partout en cas de fortes chaleurs les concernent comme tout le monde.
Pour toutes et tous, la fatigue, comme la chaleur, s’accumulent et chaque jour est pire que le précédent. Les élèves et les personnels, en plus de passer leurs journées en pleine chaleur, ne dorment pas beaucoup puisque les nuits ne sont guère plus fraiches que les jours, surtout dans les logements qui sont des bouilloires thermiques.
Dans ce contexte, le maintien des oraux du bac l’après-midi (grand oral, épreuve orale de français…) rend les choses très difficiles pour les candidates et les examinateurices, et là encore, plusieurs malaises ont déjà eu lieu alors même que c’est aujourd’hui que s’annonce la pire journée depuis le début de la semaine. À Caen, ce jeudi, le réseau de transports s’interrompt à partir de 11h en raison de la chaleur : quid des candidates qui doivent se rendre à leur oral ?
Pire encore, l’annonce du maintien du DNB demain préoccupe les collègues et les familles : les températures ne baisseront qu’à peine et l’inertie des bâtiments scolaires fait que les salles resteront irrespirables. Les « pauses fraicheur » annoncées sont de la pure communication puisqu’aucun espace ne permettra aux élèves de se rafraichir. Les personnels en charge de l’organisation et de la surveillance souffriront également. Vraiment, la décision du ministre de maintenir l’épreuve de français du DNB dans les conditions initialement prévues est irresponsable.
Le SNES-FSU Normandie rappelle au contraire que l’employeur est garant de la santé et de la sécurité des personnels dont il a la charge, et qu’au-dessus de 30°, les températures peuvent porter atteinte à la santé. Une nouvelle fois, le SNES-FSU Normandie demande donc à la Rectrice de l’Académie de Normandie des mesures de protection, au terme d’une semaine particulièrement éprouvante pour tout le monde.
Au niveau national, l’intersyndicale Education (FSU, CGT, Sud, FO, CFDT, UNSA et SNALC) vient de publier le communiqué suivant : https://www.snes.edu/article/canicule-dans-leducation-nationale-et-conditions-de-travail-stop-ca-suffit/ qui appelle les collègues à agir pour se protéger.
