2 septembre 2026

Actualités

Affectations des enseignantes : entre angoisse et découragement

Préconisations médicales ignorées, situations de santé et familiales insuffisamment prises en compte, difficultés à obtenir des réponses du rectorat, affectations problématiques des TZR, incertitudes pour les contractuelles : cette rentrée 2026 est, pour de nombreux personnels, synonyme d’angoisse et de découragement.

Une affectation devrait permettre à chaque personnel de débuter l’année scolaire dans les meilleures conditions possibles. Elle devrait être préparée, anticipée et tenir compte des situations individuelles lorsqu’elles le nécessitent. Pourtant, les situations des collègues qui nous ont contactés depuis le mois d’août dressent un constat préoccupant.

Des préconisations médicales qui ne sont pas toujours respectées
Plusieurs collègues nous alertent sur le non-respect ou la prise en compte insuffisante de préconisations médicales dans leur affectation.
Dans certains cas, les distances entre le domicile et le lieu d’exercice dépassent largement celles préconisées pour des raisons de santé. Dans d’autres, des collègues confrontés à de graves problèmes médicaux ne voient pas leur situation suffisamment prise en compte dans leur affectation.
Ces situations sont particulièrement incompréhensibles pour les personnels concernés. Lorsque la médecine de prévention a formulé des préconisations destinées à préserver la santé d’une agente, celles-ci ne peuvent être considérées comme une simple information parmi d’autres.
Une distance supplémentaire, un trajet quotidien ou une affectation inadaptée peuvent avoir des conséquences directes sur la santé des collègues.

Des aménagements de poste difficiles à faire respecter
Les difficultés ne s’arrêtent pas à l’affectation : des collègues rencontrent également des problèmes concernant les préconisations relatives à leur aménagement de poste. Certains personnels nous font part de grandes difficultés pour simplement faire reconnaître et appliquer un aménagement d’emploi du temps dont ils et elles ont besoin pour enseigner dans des conditions qui ne mettent pas en péril leur état de santé.
Il ne devrait pourtant pas revenir à un agent fragilisé par des problèmes de santé de devoir se battre, établissement après établissement, pour faire respecter les préconisations qui le concernent.

Un rectorat difficilement joignable
À ces problèmes s’ajoute une difficulté devenue récurrente : obtenir une réponse de l’administration. De nombreux collègues ont rencontré de grandes difficultés pour joindre les gestionnaires du rectorat. Les services sont manifestement sous forte pression et débordés. Mais cette situation ne peut pas avoir pour conséquence de laisser les personnels sans réponse pendant des semaines, et souvent pendant une grande partie de l’été.
Les témoignages qui nous parviennent font également état d’échanges vécus comme particulièrement désagréables, avec parfois le sentiment que l’on refuse de prendre en compte leur situation familiale ou médicale.

Même si la préparation de rentrée conduit forcément à surcharger les services, l’administration doit pouvoir répondre aux personnels qui cherchent à comprendre où ils et elles vont travailler, dans quelles conditions et comment il leur sera possible d’organiser leur vie personnelle et familiale.

TZR : des affectations toujours plus difficiles
Les collègues TZR sont, une nouvelle fois, particulièrement exposés aux difficultés de cette rentrée.
Nous constatons notamment des affectations sur des postes partagés dont les contraintes peuvent largement dépasser ce que les collègues sont en mesure d’assumer, avec des compléments de service particulièrement lourds, parfois sur trois établissements, des services qui dépassent les deux HSA qui ne peuvent être refusées et des injonctions à prendre leur poste alors même qu’ils ne disposent pas encore de leur arrêté d’affectation.
La mise en œuvre des temps partiels pose également problème pour certains TZR. Des collègues se voient attribuer des affectations dont le volume dépasse leur quotité de service correspondant à leur temps partiel.
Autre situation remontée : celle de TZR arrivant dans un établissement sans suppléance à effectuer, auxquels il est néanmoins demandé de rester occupés. Dans certains cas, des chefs d’établissement demandent même aux collègues de construire eux-mêmes un emploi du temps en attendant de savoir ce qui leur sera confié.
Les TZR sont des personnels enseignants. Ils ont vocation à exercer des missions correspondant à leur statut et à leurs obligations de service, dans un cadre clairement défini par les textes.

Contractuelles : le silence comme seule réponse
Les collègues contractuelles ne sont pas épargnées. Certaines restent dans l’attente d’informations concernant une éventuelle affectation, sans savoir s’ils auront un poste ni quand ils pourront obtenir une réponse.
Cette incertitude est particulièrement difficile à vivre pour les collègues qui arrivent à proximité du passage en CDI et pour lesquels les décisions prises peuvent avoir des conséquences importantes sur leur avenir professionnel.
Là encore, nous demandons que les personnels soient informés dans des délais raisonnables et que leur situation soit traitée avec la considération qu’elle mérite.

Des recours qui ne doivent pas rester sans effet
Autre motif de colère : des engagements pris à l’occasion de recours qui, selon plusieurs témoignages, ne seraient finalement pas tenus.
Dès le résultats des mutations en juin, les militantes du SNES-FSU Normandie ont accompagné des dizaines de collègues dans la démarche des recours. Beaucoup ont vu leurs situations améliorées mais d’autres ont dû multiplier les échanges avec l’administration et attendre des réponses une grande partie de l’été avant de pouvoir obtenir un retour du rectorat.
Et alors même que des engagements avaient été pris, certains personnels nous indiquent qu’ils n’ont finalement constaté aucune amélioration de leur situation. Lorsqu’un personnel saisit l’administration d’un recours, il doit pouvoir obtenir une réponse dans un délai raisonnable et avoir une réponse personnalisée, claire et justifiée sur ce qui a été décidé.

Derrière chaque affectation, il y a un collègue
Cette rentrée met en évidence une difficulté qui dépasse largement la seule question des affectations. Nous constatons trop souvent un décalage entre la gestion administrative des personnels et la réalité de leurs situations humaines.
Nous demandons donc à l’administration :
• le respect effectif des préconisations médicales, des aménagements de poste et des situations de santé ;
• des réponses aux personnels dans des délais raisonnables ;
• des échanges avec les gestionnaires fondés sur le respect et l’écoute ;
• des affectations de TZR compatibles avec leur quotité de service et leurs obligations statutaires ;
• une gestion transparente des affectations et de la situation des personnels contractuels ;
• que les engagements pris à l’occasion des recours soient effectivement suivis d’effets.

Pour toute situation difficile, ne restez pas isolée et contactez le SNES-FSU Normandie.