Comme chaque année à la rentrée, le ministère essaie d’occuper le terrain médiatique en imposant des sujets annexes pour masquer les vraies préoccupations de la rentrée. En témoigne par exemple la prétendue interdiction du téléphone portable au lycée : un écran de fumée démagogique pour dissimuler les conditions de travail toujours plus dégradées des enseignantes et des personnels de vie scolaire !
Salaires : derrière la moyenne, le déclassement des enseignantes
La DEP a rendu public le chiffre de 3090€, correspondant au salaire moyen des enseignantes. Ce chiffre vise à entretenir le traditionnel « prof bashing » et à masquer les problèmes réels de rémunération dans nos métiers. D’une part, cette moyenne occulte le vieillissement de la profession, dû aux réformes successives et au fait que le métier n’attire plus les jeunes : ce vieillissement accroit mécaniquement la moyenne des salaires. D’autre part, ce calcul prend en compte les heures supplémentaires, le Pacte et les primes que perçoivent celles et ceux qui acceptent des missions supplémentaires, celles et ceux qui sont contraintes de s’épuiser plus pour gagner plus. Ce sont par ailleurs des éléments importants de discrimination salariale dont sont victimes les femmes, qui sont d’ailleurs étonnamment absentes des données statistiques du ministère.
En outre, cette étude ne concerne que les titulaires, elle laisse de côté les personnels les plus précaires et occulte le salaire indigent des collègues contractuels, des AED (assistantes d’éducation) et des AESH (Accompagnantes des élèves en situation de handicap). Pour elles et eux, la question salariale est une urgence !
C’est dans ce contexte que le SNES-FSU appelle à la grève le mardi 29 septembre, pour rappeler la nécessité d’augmenter les salaires et de respecter les agentes qui font vivre le Service Public.
Après 10 ans de macronisme - urgence pour le second degré
Cette rentrée scolaire est la dernière des deux quinquennats d’Emmanuel Macron. Le bilan en matière d’éducation est vertigineux. En dix ans, les différentes réformes, choix politiques et budgétaires ont attaqué frontalement le cœur de l’École publique dans ses missions et ses objectifs, en particulier le second degré, brinquebalé de réformes en réformes (lycée et bac Blanquer, « Choc des savoirs »…). À chaque fois, pour tous les métiers, à travers les grandes réformes, les déclarations fracassantes ou les coups portés à bas bruit, c’est une profonde transformation des métiers qui s’est opérée. Elle a conduit à une perte de sens aux conséquences redoutables.
Au niveau des moyens, en Normandie comme ailleurs, le second degré est exsangue. Les effectifs dans les classes explosent (atteignant souvent 30 élèves en collège et 35 en lycée). Sous la présidence Macron, 10 230 emplois d’enseignantes ont été supprimés nationalement dans le second degré public ! En Normandie, ce sont plus de 500 postes qui ont été supprimés ces cinq dernières années, soit l’équivalent d’une douzaine de collèges ou de six lycées. Dans le même temps, les effectifs élèves se sont globalement maintenus. Il faudrait créer plus de 40 000 postes nationalement pour retrouver les taux d’encadrement de 2006.
Bâti scolaire : on ne peut plus attendre
Les deux canicules de la fin de l’année scolaire, en mai et juin 2026, ainsi que l’été caniculaire qu’a traversé l’Hexagone, imposent une réaction politique à la hauteur pour faire face au réchauffement climatique et à ses implications dans le milieu scolaire. Il ne suffit pas de faire démarrer les épreuves d’examens à 8h et de les placer le matin ! Au contraire, un grand plan de rénovation du bâti scolaire doit enfin être lancé. Son coût (4 à 5 milliards d’euros pendant dix ans) correspond à 2 % des aides annuelles aux grandes entreprises en 2023. Il est donc finançable.
Dans l’attente que le bâti scolaire soit entièrement revu, des travaux d’équipements légers doivent être engagés sans tarder (volets, filtres UV, etc.). La présence de salles avec des dispositifs de rafraîchissement dans les établissements doit aussi être traitée sans tabou, mais sans en faire l’alpha et l’oméga de l’adaptation. Ces adaptations de court et moyen termes doivent permettre la passation des examens terminaux et la fin des cours dans des conditions acceptables. Le SNES-FSU continuera d’intervenir en ce sens auprès des départements et de la région Normandie qui sont en charge des collèges et des lycées.
La rentrée à l’épreuve de la réalité
Les personnels de vie scolaire ont déjà fait leur rentrée et seront rejoints par les autres personnels pour la pré-rentrée lundi 31 août, suivie de la rentrée des élèves le 1er septembre. Le SNES-FSU publiera rapidement les vrais chiffres de la rentrée, le nombre de postes non pourvus, le nombre d’AED ou d’AESH manquantes, le nombre de classes sans enseignantes… Les personnels normands ont besoin d’une amélioration radicale et rapide de leurs rémunérations et de leurs conditions de travail, l’avenir de l’Ecole publique en dépend. Ce qui conduira le SNES-FSU Normandie, dans l’Intersyndicale Fonction Publique, à mobiliser fortement les personnels dans la grève du 29 septembre pour obtenir les augmentations de salaires que le gouvernement leur refuse.
