Voilà trois semaines que la rentrée scolaire s’est passée et il manque toujours des enseignants face aux élèves :
- 10 heures 30 hebdomadaires en physique chimie ne sont pas assurées : c’est tout le niveau 4e et une classe de 6e qui n’ont pas de professeur depuis le 1er septembre,
- 4 heures hebdomadaires d’AP (Aide Personnalisée) en français ne sont pas assurées depuis la rentrée. A croire que les élèves de notre collège n’auraient pas besoin de cette aide...
- depuis une semaine, plusieurs classes, dont 3 du niveau Troisième, n’ont plus de cours d’histoire-géographie-EMC (matières faisant l’objet d’une épreuve écrite au DNB) car un collègue en congé paternité (absence prévue de longue date) n’est pas remplacé et aucune indication n’est fournie sur le fait qu’il le sera bientôt.
Par ailleurs, concernant l’accompagnement des élèves notifiés par la MDPH, malgré nos alertes répétées, nos relances et les signalements constants à la coordination PAS, le compte n’y est toujours pas. La situation a atteint un seuil intolérable. Les chiffres parlent d’eux-mêmes et révèlent un déficit notoire et criminel des quotités d’agents, c’est-à-dire un manque structurel de 30 heures. Le collège a un besoin impératif de 185 heures pour couvrir l’accompagnement des élèves notifiés par la MDPH, mais les AESH affectés à l’établissement ne peuvent en assurer que 155. Un abandon aggravé : s’ajoutent à ce gouffre les 31 heures d’un agent actuellement en arrêt maladie depuis quinze jours, toujours non remplacé malgré le temps écoulé. Au total, ce sont 61 heures d’accompagnement d’élèves notifiés qui passent à la trappe, dans l’indifférence totale de l’institution, celle-ci fermant les yeux sur ses erreurs de calcul et ses carences de gestion. Les personnels AESH sont à bout, épuisés par une charge mentale inouïe, et leur souffrance au travail est devenue palpable au quotidien. Le droit fondamental des élèves notifiés est piétiné, bafoué dans son intégralité, faute de moyens humains supplémentaires. Combien de temps l’Académie va-t-elle continuer à ignorer cette mise en danger manifeste des personnels et des élèves ? Cette situation n’a que trop duré.
Le collège, situé en REP, ne dispose que d’un seul poste de CPE pour près de 600 élèves. La charge de travail dépasse largement le temps de service d’une seule personne. Face à une situation en vie scolaire qui se dégrade d’année en année, le collège a besoin d’un deuxième poste de CPE. Cela devient urgent avant que la situation ne devienne explosive.
Du côté des personnels d’entretien, il manque un poste, notamment dans la partie des bâtiments modulaires. Le collège s’est agrandi, il faut plus de personnel pour son nettoyage quotidien !
La climatisation des bâtiments modulaires reste un problème épineux : après avoir souffert de l’absence de la climatisation dans ces bâtiments à la fin de l’année scolaire dernière lors de la canicule et au tout début de l’année scolaire, celles et ceux qui y travaillent constatent qu’il y a désormais une température trop froide dans ces bâtiments (17°) depuis la remise en route de la climatisation. Celle-ci est en effet contrôlée à distance par le Conseil départemental... qui semble jouer avec la santé des personnels et des élèves. Il faut que la climatisation revienne sous le contrôle des personnels de l’établissement, qui sont les mieux à même de la régler au mieux, en fonction de la réalité de la température extérieure.
Les moyens financiers alloués pour l’achat de manuels neufs en lien avec les nouveaux programmes sont misérables... Résultat : un livre pour deux élèves en mathématiques notamment.
Ces conditions de rentrée sont inquiétantes et inacceptables. Nous ne pouvons pas les laisser perdurer plus longtemps.
Nous avons déjà connu des rentrées chaotiques au collège, mais celle-ci semble battre le record.
Les personnels de l’équipe éducative (avec le soutien des syndicats Snes-Fsu, Cgt-Educ’action et Sud Education) et les représentants des parents d’élèves tirent un signal d’alarme et demandent une audience conjointe à la Directrice des Services Départementaux de l’Education nationale pour que tous les moyens nécessaires à la réussite des élèves de l’établissement ainsi qu’au respect des conditions de travail et de santé des personnels soient débloqués.
Oissel, le 21 septembre 2026
